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DPGF et devis : chiffrer à votre façon et rendre le format de l'architecte

L'architecte envoie sa DPGF en Excel, avec ses lignes, ses colonnes et ses lots ; votre bibliothèque de prix ne parle pas la même langue. Comment un agent IA fait la correspondance ligne à ligne et sort, en une fois, la DPGF remplie au format de l'architecte et votre devis dans votre logiciel.

EEmile Chalmé
4 min de lecture
DPGFDevisChiffrage

Le dossier arrive avec un fichier Excel : la DPGF de l'architecte. Ses lots, ses lignes, ses colonnes, parfois déjà ses quantités. Il attend vos prix dans son tableau. Le problème, c'est que ce tableau ne ressemble pas à votre façon de chiffrer. Votre bibliothèque de prix sépare la fourniture et la pose, détaille les raccordements, regroupe les ouvrages à votre manière. La DPGF, elle, écrit « lavabo » sur une ligne.

Résultat, dans beaucoup d'entreprises du bâtiment : on chiffre deux fois. Une fois dans le logiciel de devis, pour avoir les vrais prix, la marge et la suite du chantier (commandes, planning). Une fois dans l'Excel de l'architecte, pour répondre dans son format. Deux fois le temps, deux occasions d'oublier une ligne, et à l'arrivée deux totaux qui ne tombent pas juste.

DPGF, DQE, BPU : de quoi parle-t-on ?

La DPGF, décomposition du prix global et forfaitaire, accompagne les marchés à prix global et forfaitaire : l'entreprise s'engage sur un total, et la DPGF en détaille la composition par lot et par ouvrage. Les quantités qui y figurent sont indicatives : c'est à l'entreprise de les vérifier, puisqu'elle s'engage sur le prix global.

Le BPU (bordereau des prix unitaires) et le DQE (détail quantitatif estimatif) servent aux marchés à prix unitaires : on paie les quantités réellement exécutées. Dans tous les cas, le format vient de la maîtrise d'œuvre, et chaque architecte a le sien.

Pourquoi les deux formats ne se correspondent jamais

  • Le découpage. Une ligne de la DPGF correspond souvent à plusieurs lignes de votre bibliothèque (fourniture, pose, raccordement, évacuation), et l'inverse arrive aussi.
  • Les désignations. Le vocabulaire du descriptif n'est pas celui de vos ouvrages ; deux architectes ne nomment pas la même prestation de la même façon.
  • La structure du fichier. Ligne d'en-tête qui change de place, cellules fusionnées, sous-totaux par lot, lignes « pour mémoire » ou « ensemble » au forfait.
  • Les quantités. Celles de la DPGF ne sont pas toujours celles de votre métré.

La méthode : une saisie, deux sorties

C'est un chantier que nous menons avec les dirigeants que nous accompagnons, et il se construit en cinq étapes.

  1. Lire le fichier tel qu'il est. L'agent ouvre la DPGF, repère la ligne d'en-tête (désignation, unité, quantité, prix unitaire, montant) et la structure des lots. S'il ne la trouve pas, il demande à quelle ligne commencent les colonnes, au lieu de deviner.
  2. Faire la correspondance ligne à ligne. Pour chaque ligne de l'architecte, il propose une ou plusieurs lignes de votre bibliothèque de prix, et uniquement de votre bibliothèque : il ne fabrique pas de prix. Chaque correspondance validée est mémorisée et resservira sur le dossier suivant.
  3. Sortir la DPGF remplie, à l'identique. Le fichier de l'architecte revient avec vos prix, sans toucher à sa mise en forme ni à ses colonnes : c'est son document, rempli.
  4. Créer votre devis dans votre logiciel. En parallèle, le même chiffrage devient un devis dans votre base, avec votre découpage. C'est lui qui alimente ensuite les commandes, le planning et la facturation.
  5. Contrôler avant d'envoyer. Les deux totaux doivent être égaux. Les lignes sans équivalent, les correspondances incertaines et les quantités qui s'écartent du métré sont signalées, avec un niveau de confiance par ligne. Le chiffreur tranche, puis envoie.

Ce qu'on a vu chez un client

Dans une entreprise générale du bâtiment que nous accompagnons, le dirigeant a construit ce module avec nous, dans son propre logiciel. On crée un nouveau devis depuis une DPGF : l'agent reconnaît les colonnes d'en-tête, affiche en face de chaque ligne de l'architecte l'ouvrage correspondant de l'entreprise, puis exporte la DPGF remplie, avec exactement la mise en forme reçue. De l'autre côté, le devis est créé dans la base de l'entreprise, prêt pour la suite du chantier. Le premier écart repéré à l'usage, des totaux qui ne tombaient pas juste, a donné la règle de contrôle décrite plus haut.

Les pièges à connaître

  • Les quantités indicatives. Au forfait, une quantité sous-estimée par la maîtrise d'œuvre reste à votre charge. Le métré à partir des plans et la visite priment sur la DPGF.
  • Les lignes au forfait (« ensemble », « pour mémoire ») : elles doivent être rattachées explicitement à vos ouvrages, sinon elles disparaissent du devis.
  • Les variantes et options : elles se chiffrent à part et ne doivent pas entrer dans le total de base.
  • Les arrondis : un prix unitaire arrondi sur des centaines de lignes suffit à décaler le total. Le contrôle des deux totaux le détecte.

Ce qu'il faut pour démarrer

Une bibliothèque de prix tenue à jour, quelques DPGF déjà chiffrées pour amorcer les correspondances, et un chiffreur qui valide les premières semaines. Le module s'améliore à chaque dossier : plus il a vu de DPGF, moins il demande.

C'est l'un des modules que Codito BTP construit avec les dirigeants dans l'Accompagnement BTP, au sein d'un logiciel sur mesure construit sans frais de construction. Pour le reste du chiffrage, voir automatiser ses devis BTP avec l'IA et logiciel de devis ou agent IA.

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Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'une DPGF dans le BTP ?

La DPGF, décomposition du prix global et forfaitaire, est le tableau dans lequel l'entreprise détaille, ligne par ligne et lot par lot, le prix d'un marché à prix global et forfaitaire. Elle est généralement fournie par l'architecte ou le maître d'œuvre en Excel, avec ses propres désignations et parfois des quantités indicatives, et l'entreprise y reporte ses prix.

Quelle différence entre une DPGF, un DQE et un BPU ?

La DPGF décompose un prix global et forfaitaire : l'entreprise s'engage sur le total. Le BPU, bordereau des prix unitaires, et le DQE, détail quantitatif estimatif, servent aux marchés à prix unitaires : on paie les quantités réellement exécutées au prix unitaire du bordereau.

Peut-on remplir automatiquement la DPGF d'un architecte à partir de sa bibliothèque de prix ?

Oui. Un agent IA lit le fichier, repère la ligne d'en-tête et les colonnes, puis rapproche chaque ligne de la DPGF d'une ou plusieurs lignes de votre bibliothèque de prix. Il remplit le fichier de l'architecte sans toucher à sa mise en forme et crée en parallèle votre devis dans votre logiciel. Les correspondances validées sont réutilisées sur les dossiers suivants.

Faut-il vérifier les quantités indiquées dans une DPGF ?

Oui. Dans un marché forfaitaire, les quantités fournies par la maîtrise d'œuvre sont indicatives et l'entreprise s'engage sur le prix global : une quantité sous-estimée reste à sa charge. Le métré à partir des plans et la visite de chantier restent la référence.